Sunday, August 9, 2015

Story of a museum | Photo Diary

Après quelques mois d'absence, je suis finalement de retour aux côtés de Jay, mon inséparable acolyte, pour mettre en lumière l'histoire d'un des lieux les plus mythiques du Pays Noir.

D'origine sicilienne et petite fille de mineur, je ne pouvais pas résister à l'envie de vous présenter Le Bois du Cazier, ancienne cité minière cachée entre trois terrils et située dans les hauteurs de la ville de Marcinelle. Si ce lieu me tient particulièrement à cœur, c'est parce qu'il me remémore mes origines et plus spécialement mon grand-père, ancien mineur, venu comme beaucoup d'autres en Belgique pour y chasser l'or noir.


Tragic event in my beautiful Black Country


Alors que les jeunes ouvriers belges refusaient de suivre leurs pères jusqu'au fond des mines soupçonnant l'industrie du charbonnage d'être dangereuse et insalubre, d'autres travailleurs étaient appelés pour remplacer la main-d'œuvre devenue trop âgée pour descendre sous terre. Ainsi, ce sont les prisonniers allemands qui ont, dans un premier temps, été appelés pour extraire la précieuse roche noire. Face à la demande croissante de charbon, le manque de main-d'oeuvre s'est rapidement fait ressentir dans les exploitations du pays qui s'est alors lancé dans la recherche de nouveaux travailleurs. C'est de cette manière qu'a commencé en 1947 la première vague d'immigration de Belgique en provenance d'Italie. Près de 77 000 ouvriers italiens ont débarqué à Charleroi, La Louvière, Liège, Mons et en Campine pour descendre dans les mines aux cotés d'autres travailleurs d'origine polonaise, hongroise, tchèque, yougoslave, marocaine et algérienne. 


Fort de son succès, le charbon a permis à Charleroi et aux autres régions minières de Belgique de proliférer et de développer d'autres industries telles que les verriers et la métallurgie. Cependant, la qualité des conditions de vie et de travail n'était pas équivalente à la gloire du charbonnage. Et pour cause, au fil des années, de nombreux drames ont secoué l'industrie. Celui du 8 aout 1956, où plus de deux cents hommes ont trouvé la mort, reste le plus tristement célèbre.

Cette matinée-là, alors que l'extraction suivait son cours, une erreur humaine ajoutée à un manque évidant d'ergonomie à transformer un simple petit accident en une suite d'événements plus dévastateurs les uns que les autres. D'un simple choc de chariots, un incendie s'est déclaré dans les puits et les galeries provoquant l'embrasement des sous terrains. Les dégâts matériels et psychologiques furent tels que Le Bois du Cazier du fermer ses grilles plus d'un an avant de rouvrir durant une dernière décennie.



Après de longues années de combats judiciaires et financiers pour l'exploitation à flot, Le Bois du Cazier a définitivement rendu l'âme 1967 laissant un patrimoine sentimental et architectural hors du commun.

Lors du trentième anniversaire de la catastrophe, alors que des bruits de couloirs annonçant la destruction complète du site circulent, les riverains, les familles des victimes et les acteurs culturels de la région ont décidé d'unir leur force pour tenter de faire classer l'ancienne mine comme patrimoine industriel. Après de multiples discutions, il est décidé de regrouper en un seul et même endroit le musée de l'industrie, le musée du verre et bien entendu Le Bois du Cazier qui sera dès lors considéré comme un lieu de mémoire et de mise en valeur du patrimoine.












Découvrez également sur The Melting Pop, l'histoire du célèbre Musée de la Photographie de Mont-sur-Marchienne.

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